Septembre 2022
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#TÉMOIGNAGE

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Martin Moiret, « la force de la résilience »

 

Bénévole dans l’association Comme les autres, Martin Moiret apporte son soutien en tant que pair-aidant aux patients de l’hôpital Henry Gabrielle. Mais avant d’en arriver là, il a fallu se reconstruire.

Il est des caractères étonnants que leurs capacités distinguent. Martin Moiret est l’un d’entre eux. Les Hospices Civils de Lyon, il les connaît bien pour avoir été l’un de leurs patients au long cours. Il n’a que 21 ans quand, il est renversé à moto. En urgence, il est pris en charge l’hôpital neurologique Pierre Wertheimer. « Ce n’est pas seulement ma vie qui est bouleversée à ce moment-là, mais aussi celle de tout mon entourage », réalise-t-il dans son lit d’hôpital. Le jeune homme, qui travaille dans les travaux publics, se retrouve pendant quinze jours au centre de toutes les préoccupations. « Je me suis dit que si je ne me redressais pas, j’allais emmener tout le monde avec moi ». Rapidement, il fait face. « Sans doute que l’insouciance de la jeunesse m’a aidé à ne pas m’apitoyer sur mon sort. » Martin sait aussi pouvoir compter sur les siens, en premier lieu, sa famille. « Ma sœur a arrêté de travailler pour s’occuper de moi les premiers jours d’hôpital. » Le soutien des uns et des autres est essentiel. 

Transféré à l’hôpital Henry Gabrielle, Martin bénéficie de soins adaptés. La rééducation peut commencer. « J’ai pensé qu’à mon âge, il fallait que je me fasse une vie, avec une femme, un travail, des activités sportives, plein de choses à vivre. Par ailleurs, je n’ai pas cherché de responsable. L’acceptation du handicap est passée par l’acceptation de l’accident. » Entouré de ses amis venus lui rendre visite, il arrive même à plaisanter, moins de deux mois seulement après son accident. « Le médecin a voulu que je voie la psy mais je n’en avais pas besoin. Je voulais voir la kiné, agir, avancer. »


Faire de sa faiblesse une force

Dans cet environnement hospitalier très protecteur, il apprend à dépasser ses limites, à appréhender son nouveau corps. « Maryline, la kiné, m’a poussé dans mes retranchements et je la détestais pour ça, mais grâce à elle j’ai beaucoup appris. Elle a été exceptionnelle. » Quand on lui apporte son premier fauteuil roulant, il ne tarde pas à l’exploiter : « J’ai fait un tour de parc. Puis j’ai constaté que je pouvais en faire deux. Plus tard, j’ai fait le tour du parc de la Tête d’Or et l’année d’après, je faisais le semi-marathon du Beaujolais. » Il faudra à Martin plus d’un an et demi pour réapprendre à vivre, soit la durée de son séjour hospitalier d’octobre 2013 à juin 2014, le retour à domicile jusqu’à retrouver son emploi. « Tout est plus cher quand on est en fauteuil. Avoir des moyens rend les choses plus faciles. Pour moi, tout s’est passé comme sur des roulettes », plaisante-t-il, conscient des enjeux que d’autres ont à affronter. 

Cette expérience l’a conduit à s’investir pour les autres. Aujourd’hui, il intervient bénévolement dans l’association Comme les autres. Il apporte un soutien précieux en tant que pair-aidant aux patients de l’hôpital Henry Gabrielle. « Il faut faire avancer la prise en charge, par exemple, développer davantage le service de sexologie. »  

Les services de médecine physique et de réadaptation représentent, pour certains qui ont perdu l’usage de membres suite à un accident, un cocon protecteur. La sortie et le retour au domicile marquent un moment délicat qu’il faut franchir. La tentation du repli sur soi est fréquente. « L’association organise des activités sportives extrêmes : parapente, voilier, quad, course de chiens de traineaux etc. Cela permet de retrouver confiance et estime de soi. »

Investi dans sa vie personnelle comme dans sa vie professionnelle, il mesure le chemin parcouru. « Le handicap n’est qu’une facette de mon identité. Faire de sa faiblesse une force, avoir une belle image de soi pour voir positivement le regard des autres, c’est capital. Prendre les moments difficiles avec légèreté et humour, aussi. Et maintenant, je donne une partie de mon temps aux autres. Tout cela fait qu’aujourd’hui, je désire la vie que je mène. »
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